بسم الله
La femme enceinte, lorsqu’elle craint pour son fœtus, et la femme qui allaite pour son nourrisson, ou qu’elles craignent pour elles-mêmes.
Il y a plusieurs paroles sur le sujet:
La première: qu’elles rompent et nourrissent un pauvre pour chaque jour, et c’est la parole d’Ibn ‘Abbas[1] et Ibn ‘Umar[2] et ‘Ikrimah, Sa’id Ibn Jubair, Al Qasim Ibn Muhammad et c’est la parole d’Ishaq Ibn Râhawaih. Ils ont pris comme argument le verset:
وَعَلَى الَّذِينَ يُطِيقُونَهُ فِدْيَةٌ طَعَامُ مِسْكِينٍ
et pour ceux qui ne le peuvent pas (le jeûne), ils nourriront un pauvre (fidyah).
La deuxième : qu’elles rompent et rattrapent sans fidyah et cest la parole d’al hasan, an nakha’i, ‘Atâ , az zuhri, ad dahhâk, al awzâ’î, Rabî’ah, ath thawrî, Abû Hanîfah et ses élèves, Al Laïth, At Tabarî,Abû Thawr, Abû ‘Ubaid et cest la parole de Mâlik pour celle qui allaite et une des deux paroles d’Ach Chafi’i pour la femme enceinte. Ils ont pris comme argument le hadith d’anas Ibn Mâlik Al Ka’bî chez les auteurs des Sunans, que le prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit: « Allah (عز وجل) a levé [l’obligation] du jeûne pour le voyageur et la moitié de la prière, ainsi que le jeûne pour la femme enceinte et celle qui allaite. »[3] Et notre shaykh l’a authentifié dans al jâmi’ as sahih et ils dirent: « c’est une rupture qui a été permise du fait d’une excuse fortuite il n’y a donc pas besoin d’expiation tout comme pour le malade. »
Et cette parole est celle qui prédomine et c’est ce qu’a choisi notre shaykh Muqbil al wâdi’î, shaykh Ibn Bâz et shaykh Al Uthaimin qu’Allah leur fasse miséricorde.
La troisième: si elles craignent pour elles-mêmes seulement, ou pour elles-mêmes et leurs enfants, elles rompent et rattrapent sans fidyah. Et si elles craignent pour leurs enfants et pas pour elles-mêmes, elles rompent, rattrapent et devront expier et c’est la parole d’Ach Châfi’i, Ahmad et c’est rapporté d’après Mujâhid.
La quatrième: la femme enceinte rompt, et rattrape sans fidyah et la femme qui allaite rompt, rattrape et donne la fidyah et c’est la parole de Mâlik, al laith et c’est ce qu’a choisi Ibn ‘Abd Al Barr.
La cinquième : elles n’ont pas à rattraper ni à donner la fidyah et c’est la parole d’Ibn Hazm. Ils ont pris comme argument le hadith d’Anas qui a précédé. Et il a été répondu à leur argumentation par le fait que ce qui est levé est le fait de l’accomplir, pas de le rattraper, la preuve est que le voyageur doit rattraper comme Allah a dit:
فَمَنْ كَانَ مِنْكُمْ مَرِيضًا أَوْ عَلَى سَفَرٍ فَعِدَّةٌ مِنْ أَيَّامٍ أُخَرَ
et quiconque parmi vous est malade ou en voyage, il devra rattraper le même nombre de jour.
Ithâf Al Anâm d’Ibn Hizâm (p.162)
[1] Rapporté par At Tabarî par des chaînes authentiques.
[2] Rapporté par Ach Châfi’î dans son Musnad et ‘Abd Ar Razzâq et Al Baihaqî avec une chaîne authentique.
[3] NdT : Shaykh Muqbil -qu’Allah lui fasse miséricorde- l’a jugé bon dans son Musnad.
Trad: Ayyub, Dammaj-fr.com
