Parmi les shoubouhâtes des partisans des associations (5e partie) : « Elles sont une daroûrah pour la da’wah »

Bismillah

Cinquième partie

Parmi les plus grandes ambiguïtés des partisans et promoteurs des associations en France, Belgique et autres, il y a qu’ils prétendent qu’elles sont une daroûrah et que l’Etat ne permet pas d’ouvrir un masjid ou qu’il n’est possible de faire da’wah si ce n’est par le biais d’une association.

• Sheikh Yahyâ حفظه الله fut interrogé par un frère libyen :

Question : Dans certaines contrées, si une personne veut ouvrir un merkez, le gouvernement le contraint à ouvrir une association, sinon il sera fermé. De là certains partisans d’associations instaurent des associations fictives afin de tromper le gouvernement. Ces associations ne possèdent que le nom et ne contiennent rien des activités présentes chez les autres.
Ce fait est il-permis, car s’ils n’agissent pas de la sorte le merkez sera forcé de fermer ?

Réponse :

Allah lui donnera mieux. S’il lui est possible de faire un merkez sans ces associations, alors tant mieux, mais sinon, il n’y a pas besoin de ce procédé. Il appelle à Allah comme il peut. Fin de citation…

Question posée le mercredi 7 du mois de Ramadân 1428.

• Il fut interrogé également :

Chez nous la da’wah est interdite par le gouvernement hormis par l’obtention d’une carte officielle, où d’un accord de l’Etat. Quel est donc votre conseil ?

Réponse :

Craignez Allah autant que vous pouvez.

 لَا يُكَلِّفُ اللَّهُ نَفْسًا إِلَّا وُسْعَهَا

Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. (La vache v286)

Il n’y a aucun doute que l’individu peut faire da’wah dans sa propre voiture. Personne ne viendra l’interpeller pour ce qu’il y dit : « Ne parle pas dans la voiture ! » Également dans son domicile. Wallahi s’il n’enseignait ne serait-ce qu’à sa propre famille, il serait considéré comme secouru et serait un prédicateur d’Allah, et qu’il aurait obtenu un grand bien. Également si quelqu’un lui rend visite ou l’appelle par téléphone (qu’il profite de l’occasion). Allah dit :

 فَاتَّقُوا اللَّهَ مَا اسْتَطَعْتُمْ

Craignez Allah comme vous pouvez. (La grande perte v16)

S’il a la capacité d’écrire des ouvrages, qu’il écrive dans ce qui est bénéfique pour les gens, qu’il propage et qu’il les oriente. Qu’il leur indique les lieux fructueux pour le talab al ‘ilm. Celui à qui l’Etat donne une carte d’autorisation pour la da’wah qu’il l’a prenne. Et celui à qui il ne la délivre pas, ou à qui il lui impose de commettre des infractions à la législation, ou à qui il lui impose des charges fiscales qui lui sont difficiles à assumer, alors qu’il appelle à Allah comme nous l’avons cité tout en faisant preuve de douceur, et les causes d’acceptation proviennent de la science et de la Sounnah. Fin de citation.

Tiré de الأسئلة الماليزية
Tiré de la risâlah : الجمعيات حركة بلا بركة p. 96 à 98…

Nous savons de source sûre, que des frères donnent des cours dans différents lieux, masâjid1, appartements, locaux privés par internet et autre, sans qu’ils n’aient d’associations.

• Sheikh Rabî’ حفظه الله fut interrogé :

Certains prétendent que la da’wah salafiyah ne peut se propager si ce n’est par le biais d’associations.

Il répondit :

Tout le bien ne se trouve que dans le suivi des salaf.
Tout le mal ne se trouve que dans l’innovation des khalaf2

Les salaf ont propagé cette religion et ont conquis cette douniâ par l’entraide dans l’obéissance et la piété… [jusqu’à ce qu’il dise]… Mais surement pas avec les procédés organisés pris de l’occident. Fin de citation.

Tiré de la cassette سلفيتنا أقوى

A titre d’exemple, on a l’un des plus grands imams de ce siècle, Sheikh Mohammad Nâsir al Albâny رحمه الله تعالى, qui fut interdit d’enseigner ou de faire da’wah publiquement par l’état jordanien et n’avait pas de masjid à sa disposition, et pourtant il est une référence incontournable de cette époque et de celles à venir inchâ’allah dans la science et sa propagation. Il a fait ce qui lui était possible sans commettre d’interdits en justifiant ses actes par ‘’la daroûrah’’ !

Signification de la daroûrah (la nécessité vitale, ou indispensable)

Quelques paroles de savants simples et résumées :

Sheikh al Islâm Ibn Taymiyah رحمه الله تعالى a dit :

« La daroûrah : C’est ce dont il en résulte la mort par son absence, ou la maladie ou l’incapacité d’accomplir une obligation, comme la daroûrah de manger de la chair morte. »

مجموع الفتاوى vol. 31 p. 226.

Sheikh Moqbil رحمه الله تعالى qualifie une personne de ‘’contrainte’’ en disant :

« C’est celui qui craint pour lui-même des dommages corporels, ou dans ses biens et son honneur ce qu’il ne peut supporter. Tel est celui que l’on qualifie de ‘’contraint‘’. Et quand au laxisme des contemporains dans ce point, il s’agit là d’une chose inacceptable. »

تحفة المجيب p. 72.

Précision : J’ai interrogé notre Sheikh Yahyâ sur le sens voulu par « l’honneur » dans cette parole et il a dit : « Que l’on s’en prenne à sa famille et à ses proches, ce qui revient à toucher son honneur. »

Cela ne signifie pas qu’il craigne que l’on parle sur lui ou que l’on se moque de lui.

•‎ Sheikh Moqbil رحمه الله تعالى fut également interrogé :

Quelles sont les normes de daroûrah pour étudier dans une université mixte ?

Il répondit : Il n’y aucune daroûrah en cela. Est-ce qu’il y a une épée au dessus de la nuque de l’individu ? Que s’il ne rentre pas à l’université il sera jeté en prison à tel point qu’il en craigne pour sa personne ou son argent ou son honneur, de subir ce qu’il ne peut supporter ?

تحفة المجيب p. 252.

L’érudit al ‘Outheimîne رحمه الله تعالى a dit :

La daroûrah rend permise les choses proscrites mais cela sous deux conditions3 :

1 – Que la personne soit contrainte de faire usage de cette chose illicite en elle-même. Que l’on ne trouve rien d’autre qui repousse cette daroûrah. Mais s’il trouve autre chose alors cette chose illicite ne lui est plus permise. Fin de citation.

شرح منظومة القواعد الأصولية والفقهية p 68- 69.

•‎ Sheikh Yahyâ al Hajoury حفظه الله a dit :

La (vraie) daroûrah est celle qui est définie par la législation. Et les gens de science disent :

Que c’est ce par quoi l’individu subit des dommages corporels ou dans ses biens. Et certaines personnes font preuve d’une indulgence excessive sur la règle de la daroûrah. Ils y ont inclus le rasage de la barbe, de visionner les programmes télévisés des chaines paraboliques et également de porter le pantalon, les études dans les lieux de mixité, la hizbiyah, les élections. Tout cela est considéré (pour eux) comme daroûrah. Elles sont bel et bien illicites et non de la daroûrah. Fin de citation.

الكنز الثمين vol. 5, p. 131.

Le tout regroupé par un membre d’aloloom, source : http://aloloom.net/vb/showthread.php?t=13694

Le jugement se rapportant à la construction de masâjid

Le prophète a dit, selon ‘Outhmân – رضي الله عنه –, comme cela a été rapporté dans les deux Sahîhs :

« Celui qui construit un masjid pour Allah, il lui en construira de même au paradis. »

Ibn Rajab رحمه الله تعالى a dit الفتح (vol. 2 p. 505) en explication de ce hadîth :

« La construction de masâjid nécessaires est une chose recommandée (moustahabb). Et certains de nos confrères4 l’ont compté comme faisant partie des obligations communes. Ce qui est entendu par cela est qu’il n’est pas permis de trouver un pays (ou métropole) ou une contrée habitée par les mouslimîn sans y bâtir de masjid… »

  • L’obligation (al wâjib) dans la législation a été définie par les savants dans la science de ousoul al fiqh comme :
    Ce que la législation a ordonné de façon impérative, telle que celui qui l’accomplit par obéissance à Allah sera récompensé et celui qui la délaisse encourt un châtiment…
  • Le recommandé (al moustahabb) :
    Ce que la législation a ordonné sans être toutefois obligatoire, tel que celui qui l’accomplit par obéissance à Allah sera récompensé et celui qui le délaisse n’encourt rien…

 

J’ai interrogé notre sheikh Yahyâ حفظه الله :

Est-ce que la construction de masjid est obligatoire pour les frères en France, car ils disent que cela n’est pas possible si ce n’est par le biais d’une association ?

La réponse (en bref) : S’ils sont encore là-bas, qu’ils construisent des masâjid5. Mais qu’ils s’y prennent comme ils peuvent. Le but est d’avoir un lieu où se rassemblent les mouslimoûn pour y accomplir la salât en groupe. Quitte à ce qu’ils se regroupent chez l’un d’entre eux s’ils peuvent ou qu’ils louent un lieu pour cela. Fin de citation.

Quelques points qu’il est bon d’énumérer :

Nous demandons à ces teneurs d’associations :

1 – N’y a-t-il pas des masâjid en France ? Cette obligation commune n’a-t-elle pas déjà été accomplie par d’autres ?
Si des masâjid sont déjà présents dans les lieux de résidence des mouslimîn où est donc la daroûrah permettant de tomber dans des interdits pour en faire d’autres?

2 – La France est-elle une terre où il est permis aux mouslimoûn de vivre au point d’agir comme s’ils étaient chez eux ?
Si tel n’est pas le cas, alors qu’elle est leur réelle obligation ? Construire des masâjid ou émigrer en terre d’islâm ?

La hijrah est une obligation individuelle, pour qui est en mesure de l’accomplir, et la construction de masâjid est un acte recommandé, ou au plus une obligation commune.

Qu’est qui est le plus en droit d’être accompli pour les gérants d’associations (ou autre) qui ne laissent pas apparaître un grand besoin de partir? Faire passer un acte recommandé sur une obligation individuelle ?

Le prophète nous a informés dans un hadîth qodsy, selon Abou Houreyrah – رضي الله عنه –, qu’Allah a dit :
« Mon serviteur ne se rapproche pas de moi par une chose plus aimée auprès de Moi que par ce que je lui ai rendu obligatoire… » Rapporté par al Boukhâry.

• Sheikh al ‘Outheimîne رحمه الله تعالى a dit en explication de cette parole divine :

« Cette parole signifie : Mon serviteur ne m’adore pas par une chose plus aimée pour moi que par ce que je lui ai rendu obligatoire, car l’adoration est un rapprochement d’Allah. Par exemple deux raka’ahs d’une salât obligatoire sont plus aimées auprès d’Allah que deux raka’ahs d’une surérogatoire. Un dirham de la zakâh est plus aimé auprès de lui que celui d’une sadaqah. Le hajj obligatoire est plus aimé d’Allah qu’un hajj surérogatoire. De même que pour le siyâm du mois de Ramadân, il est plus aimé auprès d’Allah qu’un siyâm surérogatoire. » Fin de citation.

Le simple fait de ne pas être en mesure de bâtir un masjid sans transgression à la Législation est un point qui démontre l’incapacité des mouslimîn à vivre dans de tels pays, et leur persistance à y rester suffit à les rentrer sous le jugement des impuissants sur terre qui se font du mal à eux-mêmes. Allah dit :

إِنَّ الَّذِينَ تَوَفَّاهُمُ الْمَلَائِكَةُ ظَالِمِي أَنْفُسِهِمْ قَالُوا فِيمَ كُنْتُمْ قَالُوا كُنَّا مُسْتَضْعَفِينَ فِي الْأَرْضِ قَالُوا أَلَمْ تَكُنْ أَرْضُ اللَّهِ وَاسِعَةً فَتُهَاجِرُوا فِيهَا فَأُولَئِكَ مَأْوَاهُمْ جَهَنَّمُ وَسَاءَتْ مَصِيرًا

Ceux qui ont fait du tort à eux mêmes, les anges enlèveront leurs âmes en disant: ‹Où en étiez-vous? › (à propos de votre religion) – ‹Nous étions impuissants sur terre›, dirent-ils. Alors les anges diront: ‹La terre d’Allah n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer? › Voilà bien ceux dont le refuge est l’enfer. Et quelle mauvaise destination!
(Les femmes v97)

Sheikh al ‘Outheimîne رحمه الله تعالى a dit dans son commentaire des Trois fondements :

« Le sens de la hijrah dans la Législation est ce qu’a dit le sheikh Muhammad ibn ‘AbdilWahhâb, c’est-à-dire la sortie des pays de shirk vers les pays d’islam. Le pays de shirk est celui dans lequel sont établies les lois de koufr et où il ne se trouve pas celles de l’islam comme l’appel à la salât en groupe ainsi que les fêtes (‘îd) de l’islam ou la salât du joumou’ah de façon générale et répandue. Et nous précisons par notre parole « de façon générale et répandue » pour exclure les lieux où ces rites sont établis de façon limitée et restreinte. Comme les pays de koufr dans lesquels les mouslimoûn ne représentent qu’une minorité donc pour cette raison on ne les considère pas comme terres d’islam.
Ces rites y sont instaurés de façon minoritaire contrairement aux pays d’islam où ils y sont implantés de façon générale. Et cette hijrah est obligatoire pour tout croyant qui ne peut exposer sa religion et la parachever en terre de koufr, si ce n’est que par elle. Et si un rite obligatoire n’est pas accompli de façon complète sauf en présence d’un autre élément alors cet élément devient lui-même obligatoire6.

• Sheikh Mohammad Ibn Ibrâhîm رحمه الله تعالى :

« La vérité incontestable, celle sur laquelle nous avons professé la religion d’Allah, est que la hijrah est obligatoire pour qui ne peut extérioriser sa religion et qui craint la tentation (la fitnah). D’ailleurs les preuves sur cela sont claires dans le Livre et la sounnah. Les savants de la sounnah ont déjà précisé cela et l’ont rappelé dans leurs ouvrages référentiels, de même que le jihad reste en vigueur avec tout imam (mouslim), qu’il soit pieux ou immoral. Et il en est ainsi jusqu’à ce que les derniers de la communauté combattent le Dajjâl.

Et que la hijrah demeure tant que ne cesse la tawbah [d’être acceptée par Allah] et que la tawbah ne cesse pas tant que le soleil ne se lève pas de son couchant. » Fin de citation.

Voir dans la risâlah de Sheikh Abou ‘Amr al Hajoury حفظه الله :
« La guidée de l’élite sur l’obligation de la hijrah depuis les pays des mécréants7 »…

J’ajoute que ces gens qui prétendent cela (que fonder une association pour ouvrir un masjid est une darûrah), ont très souvent des associations avec tout plein d’activités tournant autour de la propagation de la ‘’da’wah’’ ou de l’apport d’aides ‘’humanitaires‘’ aux nécessiteux ou pour donner des cours payants et autre, sans pour autant qu’ils aient de masjid ??? Quel est donc le besoin de prétexter cela s’ils ne sont pas concernés.

J’ai de plus interrogé notre noble sheikh Abou ‘Amr al Hajoury حفظه الله sur ce point, cette allégation de ne pouvoir ouvrir de masjid si ce n’est par la voie des associations, et il a dit entre autres :

De toute façon même s’ils ouvraient un masjid par leur association, beaucoup d’entre eux finissent par en faire leur activité principale. Ils se dispersent dans différents projets non liés au masjid. S’ils ne peuvent vraiment pas ouvrir de masjid alors qu’ils demandent la permission à ceux qui en ont, parmi les gens de la masse, de pouvoir y donner des cours. Fin de citation.

Ces gens laissent apparaître un attachement profond à la propagation de la religion d’Allah selon ‘’la compréhension des prédécesseurs‘‘ (car le mot salafi fait peur et risque de provoquer le mécontentement de l’état français). De là ils tombent de leur propre gré dans d’innombrables transgressions sous la bannière de l’héroïsme de celui qui se sacrifie et commet des péchés pour sauver l’islâm, chose qu’Allah ne nous a jamais imposé et que son prophète n’a jamais fait.

Allah ne nous a pas imposé de construire des masâjid en tous lieux sur la terre des ennemis de l’islâm à en faire des péchés et de mettre notre religion, nos personnes et nos familles en danger, bien au contraire Il تعالى dit dans Son Livre :

يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آَمَنُوا قُوا أَنْفُسَكُمْ وَأَهْلِيكُمْ نَارًا وَقُودُهَا النَّاسُ وَالْحِجَارَةُ عَلَيْهَا مَلَائِكَةٌ غِلَاظٌ شِدَادٌ لَا يَعْصُونَ اللَّهَ مَا أَمَرَهُمْ وَيَفْعَلُونَ مَا يُؤْمَرُونَ

Ô vous qui avez cru! Préservez vos personnes et vos familles, d’un feu dont le combustible sera les gens et les pierres, surveillé par des anges rudes, durs, ne désobéissant jamais à Allah en ce qu’il leur commande, et faisant strictement ce qu’on leur ordonne. (L’interdiction v6)

Par sa grande miséricorde, ce qu’il nous a ordonné c’est de nous sauver nous-mêmes sans mettre qui que ce soit à notre charge hormis nos familles. La plus grande cause de préservation pour ceux qui vivent en France c’est de faire la hijrah. Et celle-ci comporte de grands intérêts pour l’ensemble de la oummah.
Car nous constatons clairement que ces gérants d’associations résident en terre de koufr depuis bien longtemps et ne laissent pas apparaître un réel désir de le quitter. Si seulement ils fournissaient autant d’efforts dans la hijrah et la réelle recherche de la science comme ils en fournissent pour leur association, cela leur serait bien plus profitable à eux ainsi qu’aux autres…

Et admettons qu’ils obtiennent leur masjid tenu par des ‘’salafis‘’ (comme ils prétendent) – tout cela avec l’autorisation et l’approbation des ennemis de l’islâm, et sous leur tutelle et leur contrôle bien entendu. Vont-ils monter sur le minbar le joumou’ah ou y donner des conférences pour appeler correctement au tawhid au sens réel du terme ? Ce qui inclut un désaveu et une dénonciation des gens du shirk, c’est-à-dire les kouffâr : les juifs, les chrétiens, les bouddhistes et autres. Proclamer le reniement du tâghout comme la démocratie, le socialisme, le communisme etc.

• Sheikh Ishâq Ibn ‘AbdirRahmân Ibn Hassan رحمه الله dit dans une de ses fatâwa :

Le fait de montrer son appartenance religieuse est primordial, cela signifie : faire apparaître sa religion, chose essentielle.
Le délaissement des kouffâr et des moushrikîn est une chose à laquelle appelle le Qor’ân de son début jusqu’à sa fin. Et le but en soi est de permettre de distinguer entre les alliés d’Allah et ses ennemis.
S’écarter des innovateurs et des passions qui s’y affilient. D’ailleurs l’imâm Ahmad et d’autres d’entre les salaf ont démontré le fait de s’éloigner d’eux et de ne pas faire salât sur eux. Et ibn Kathîr رحمه الله a dit:

« Il y a unanimité sur le fait que celui néglige la hijrah a commis un acte illicite. »

Détester les moushrikîn dans son cœur ne suffit pas mais il incombe de faire apparaître l’animosité et la haine, Allah سبحانه وتعالى a dit :

قَدْ كَانَتْ لَكُمْ أُسْوَةٌ حَسَنَةٌ فِي إِبْرَاهِيمَ وَالَّذِينَ مَعَهُ إِذْ قَالُوا لِقَوْمِهِمْ إِنَّا بُرَآَءُ مِنْكُمْ وَمِمَّا تَعْبُدُونَ مِنْ دُونِ اللَّهِ كَفَرْنَا بِكُمْ وَبَدَا بَيْنَنَا وَبَيْنَكُمُ الْعَدَاوَةُ وَالْبَغْضَاءُ أَبَدًا حَتَّى تُؤْمِنُوا بِاللَّهِ وَحْدَهُ

Certes, vous avez eu un bel exemple en Ibrâhîm et en ceux qui étaient avec lui, quand ils dirent à leur peuple : « Nous vous désavouons, vous et ce que vous adorez en dehors d’Allah. Nous vous renions. Et l’inimitié et la haine sont apparues entre nous et vous jusqu’à ce que vous croyiez en Allah, seul. (L’éprouvée v.4)

Alors médite sur cette preuve distincte lorsqu’il dit :
Et l’inimitié et la haine sont apparues
Voilà l’extériorisation de la religion. Il est exigé que cette animosité soit rendue claire, de leur dire qu’ils sont des kouffâr de vive voix, et aussi que la séparation soit corporelle. Le sens de l’animosité, c’est que tu sois dans une inimitié et que ton rival soit dans une autre.
Et la base du désaveu c’est la rupture des liens par le cœur, la langue et le corps. Le cœur du croyant ne peut être exempt de l’animosité envers le kâfir. Il n’y a aucune divergence dans le fait de faire apparaître cette animosité (ou pas), car il se peut qu’elle soit dissimulée pour une cause légiférée ou par contrainte tout en étant convaincu.
Il se peut aussi que l’animosité des impuissants soit dissimulée pour une cause de ce bas-monde et c’est ce qu’il y a de plus fréquent pour la majorité de la création. Cela à condition qu’il ne fasse pas apparaître son accord avec eux. Et celui qu’Allah a aveuglé, qui prétend que faire apparaître la religion se limite à ne pas être empêché d’adorer et d’étudier la religion!? Alors sache que ce dire est rejeté par la législation islamique ainsi que par la raison ; et cela décourage ceux qui sont dans les pays chrétiens ou les pays des mâjousse8 ou en Inde. Réellement ce jugement est faux car la salât et son appel, de même que l’enseignement de la religion y sont présents. Ce dire a aussi pour conséquence la chute de la hijrah et du jihâd et repousse les gens du sentier de la droiture. Fin de citation.

Voir dans la risâlah de Sheikh Abou ‘Amr al Hajoury حفظه الله.

Ces ‘’salafis’’ auront-il l’opportunité sur le minbar de leur masjid d’ordonner le convenable et interdire le blâmable au sein d’une société déplorable, de dénoncer l’égalité des religions, des sexes, la liberté de croyance, la fornication, l’homosexualité. Appeler la femme mouslimah à porter son hijâb légiféré, à interdire de mettre les enfants des mouslimîn dans les écoles, d’interdire aux gens du commun de faire leur bid’ahs, de travailler dans la mixité, de regrouper les salâts le soir, de mettre l’argent en banque, de regarder la télé, de manger dans les lieux de restauration tenus par les kouffâr ? Et j’en passe car la liste est trop longue. Cela fait partie de la da’wah au tahwîd et au suivi de la sounnah. Vont-ils faire cela dans leur masjîd tenu par des ‘’salafis’’ ? Auront-ils la naïveté de croire que la France va les laisser faire ? Qu’ils apprennent à connaître leurs ennemis et leurs stratagèmes au sujet desquels Allah nous a informés de la chose suivante :

وَلَنْ تَرْضَى عَنْكَ الْيَهُودُ وَلَا النَّصَارَى حَتَّى تَتَّبِعَ مِلَّتَهُمْ

Les juifs et les chrétiens ne seront jamais satisfaits de toi jusqu’à ce que tu suives leur religion. (La vache v120)

Et il dit :

وَدَّ كَثِيرٌ مِنْ أَهْلِ الْكِتَابِ لَوْ يَرُدُّونَكُمْ مِنْ بَعْدِ إِيمَانِكُمْ كُفَّارًا حَسَدًا مِنْ عِنْدِ أَنْفُسِهِمْ مِنْ بَعْدِ مَا تَبَيَّنَ لَهُمُ الْحَقُّ

Beaucoup des gens du livre aimeraient pouvoir vous faire revenir de votre foi en kouffâr par jalousie au fond d’eux après que la vérité leur fut éclaircie. (La vache v109)

Il dit aussi :

وَمَنْ يَرْتَدِدْ مِنْكُمْ عَنْ دِينِهِ فَيَمُتْ وَهُوَ كَافِرٌ فَأُولَئِكَ حَبِطَتْ أَعْمَالُهُمْ فِي الدُّنْيَا وَالْآَخِرَةِ وَأُولَئِكَ أَصْحَابُ النَّارِ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ

Et il dit : Ils n’auront de cesse de vous combattre jusqu’à ce qu’ils vous fassent apostasier de votre religion. Et celui de vous qui apostasie et meurt en étant kâfir, ceux là leurs actions seront rendues vaines en ce bas monde et dans l’au-delà. Ceux là sont les gens du feu, ils y demeureront éternellement. (La vache v217)

Après l’exposé de ces quelques preuves, nous rappelons à nos frères sincères et raisonnables la parole d’Allah :

إِنَّ فِي ذَلِكَ لَعِبْرَةً لِأُولِي الْأَبْصَارِ

Voilà bien là un enseignement pour ceux qui sont dotés de clairvoyance!
(La famille d’Imrân v13)

Et pour ceux qui s’obstinent :

فَإِنْ لَمْ يَسْتَجِيبُوا لَكَ فَاعْلَمْ أَنَّمَا يَتَّبِعُونَ أَهْوَاءَهُمْ وَمَنْ أَضَلُّ مِمَّنِ اتَّبَعَ هَوَاهُ بِغَيْرِ هُدًى مِنَ اللَّهِ إِنَّ اللَّهَ لَا يَهْدِي الْقَوْمَ الظَّالِمِينَ

Mais s’ils ne te répondent pas, sache alors qu’ils ne font que suivre leurs passions et qui est plus égaré que celui qui suit sa passion sans une guidée d’Allah? Allah vraiment, ne guide pas les gens injustes. (Les contes v50)

Et pour conclure nous citons ce grand et sage enseignement de l’imâm Ibn al Qayyim رحمه الله تعالى déjà publié sur le site, mais le rappel profite au croyant. Il dit, face au phénomène de la négligence et du rejet de la vérité :

Prends garde, prends garde à deux choses dont les conséquences sont très fâcheuses:

1 – La première :

Que tu rejettes la vérité si celle-ci fait obstruction à tes passions, car tu en seras rétribué par un revirement du cœur. Que tu repousses toute vérité s’exposant devant toi et que tu ne l’acceptes pas sauf si elle s’accorde avec tes passions :
Allah عز وجل dit :

وَنُقَلِّبُ أَفْئِدَتَهُمْ وَأَبْصَارَهُمْ كَمَا لَمْ يُؤْمِنُوا بِهِ أَوَّلَ مَرَّةٍ

Parce qu’ils n’ont pas cru la première fois, nous détournerons leurs cœurs et les yeux. (Les bestiaux v110)

Ils subirent comme rétribution d’avoir rejeté la vérité dès sa première apparition, un bouleversement de leurs cœurs et de leur vue par la suite.

2 – La deuxième :

La négligence dans une affaire alors que son temps (de prendre la décision et d’agir) est venu. Si cela se produit, Allah te détournera et t’empêchera à (l’avenir) d’accomplir ce qu’il agrée et d’accomplir ses ordres comme sanction à ton encontre.
Allah تعالى dit:

فَإِنْرَجَعَكَ اللَّهُ إِلَى طَائِفَةٍ مِنْهُمْ فَاسْتَأْذَنُوكَ لِلْخُرُوجِفَقُلْ لَنْ تَخْرُجُوا مَعِيَ أَبَدًا وَلَنْ تُقَاتِلُوا مَعِيَ عَدُوًّاإِنَّكُمْ رَضِيتُمْ بِالْقُعُودِ أَوَّلَ مَرَّةٍ فَاقْعُدُوا مَعَالْخَالِفِينَ

Et si Allah te ramène vers un groupe (de ces gens-là) et qu’ils te demandent la permission de partir au combat, alors dis: « Vous ne sortirez plus jamais en ma compagnie et vous ne combattrez plus jamais d’ennemis avec moi. Vous avez été plus contents de rester chez vous la première fois. Demeurez donc chez vous en compagnie de ceux qui se tiennent à l’arrière. » (Le désaveu v83)

Donc celui qui se voit épargné de ces deux immenses fléaux et calamités, qu’il se réjouisse de cette préservation. Fin de citation.

Tirée du livre بدائع الفوائد (vol. 3, p. 674).

وصلى الله على نبينا محمد و على آله و صحبه أجمعين

 

Traduit et écrit par Abou Taymiyah al Martinîky

dammaj-fr.com

  1. Pluriel de masjid (mosquée). Désormais dans ma politique de traduction, je n’applique plus les règles d’orthographe de la langue française sur les mots arabes pluriels lorsque je les écrits en phonétique.
  2. Ceux qui viennent après les salaf.
  3. Seule la première est citée dans l’original du document traduit.
  4. De la voie hanbali.
  5. Ne pas se leurrer, le Sheikh est bien sûr d’avis que la hijrah est obligatoire. Sa position est connue comme le démontrent beaucoup de ses ouvrages et de ses cours.
  6. Ne pas comprendre par là qu’ouvrir une association est obligatoire du fait qu’elle est un élément menant à l’accomplissement de la construction d’un masjid. Mais que la hijrah est obligatoire car elle est un moyen essentiel au serviteur impuissant vivant en terre de koufr de pratiquer pleinement sa religion.
  7. Traduction déjà parue et publiée aux éditions Moqbil.
  8. NdT : Les mages adorateurs du feu, qui prétendent l’existence de deux créateurs, la lumière et les ténèbres.

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