Le père qui refuse de marier sa fille (Al ‘Uthaymin)

Bismillah

Le grand savant Al ‘Uthaymin a dit :

Ce sujet est très important et c’est un gros problème car certains hommes -et le refuge est auprès d’Allah- trahissent Allah et trahissent le dépôt qui leur a été confié et agissent mal envers leurs filles. Il est obligatoire au tuteur de suivre ce qu’Allah et Son messager agréent. Allah dit :

وأنكحوا الأيامى منكم  والصالحين من عبادكم وإمائكم

Mariez les célibataires d’entre vous ainsi que vos esclaves hommes et femmes pieux.

Et le prophète a dit : « Lorsque vous vient celui dont vous agréez le comportement et la religion, mariez-le. Si vous ne le faites pas, il y aura des troubles sur terre et une grande corruption. »

Certaines personnes -et auprès d’Allah est le refuge- traitent leurs filles comme des marchandises en les vendant à qui il désire et les refusant à qui il désire. Ils les marient à ceux avec un mauvais comportement et religion car ils voient ça comme étant une bonne chose et les refusent à ceux avec un bon comportement et religion car ils ne voient pas cela bien !

Si seulement on en arrivait au point où la femme, lorsque son père l’empêche de se marier à quelqu’un dont elle a agréé le comportement et la religion, part chez le juge qui dit alors à son père : « Marie-la ou bien je la marie ou un autre la marie. » Car ceci est le droit de la fille lorsque son père l’empêche, d’aller se plaindre au juge. C’est un droit légiféré. Si seulement on en arrivait là mais la plupart des jeunes filles sont empêchées par leur pudeur.

Il reste donc le conseil au père de craindre Allah et de ne pas empêcher le mariage de sa fille, ce qui causera la corruption et qu’il se mette à sa place : s’il désirait se marier et qu’on l’en empêchait comment se sentirait-il ?

Il y eut un homme -le refuge est auprès d’Allah- qui empêchait ses filles de se marier. Elles vieillirent et l’une tomba malade. Il se peut que la cause de sa maladie fut de ne pas la marier et Allah est plus savant. Avant sa mort, elle dit à des femmes à son chevet : « Dites à mon père : Allah me suffit contre lui, et j’ai rendez-vous avec lui le jour du jugement. » On cherche refuge auprès d’Allah.

C’est ainsi qu’elle dit à son père. Et même si elle ne le dit pas il en sera ainsi. Elle sera un opposant contre lui le jour du jugement :

﴿يَوْمَ يَفِرُّ الْمَرْءُ مِنْ أَخِيهِ ۞ وَأُمِّهِ وَأَبِيهِ ۞وَصَاحِبَتِهِ وَبَنِيهِ﴾ [عبس:34-36]

Le jour où la personne fuira son frère, sa mère, son père, sa compagne et ses enfants.

Je conseille donc aux tuteurs qu’ils soient les pères où les frères de craindre Allah et de ne pas refuser aux femmes ce qui est leur droit : les marier à ceux dont on agrée la religion et le comportement. Oui, si elle choisit celui dont on n’agrée pas la religion, il a le droit de refuser. Mais si elle choisit un pieux avec de bonnes mœurs puis qu’il lui refuse par passion, ceci, par Allah est haram, un péché et une traitrise.

Source : اللقاء الشهري 7

Il a également dit :

Il nous est obligatoire à nous, étudiants en science, de nous pencher sur ce sujet : on trouve certains tuteurs -et le refuge est auprès d’Allah- qui considère leurs filles ou leurs sœurs comme des bestiaux qu’on vend et achète. Il empêche celui qui a de bons comportements et religion de se marier car il ne l’aime pas (ndt : sans raison valable). Ceci est haram. Et lorsque ce refus se répète, ce tuteur devient fasiq et sort de l’équité. On n’accepte donc plus son témoignage, ni qu’il dirige la salat des gens selon l’avis de certains savants. Et il n’est plus légitimement un tuteur.

Lorsque son refus se répète nous lui disons : « tu n’as plus de tutorat sur elle. » Et nous recherchons le tuteur le plus proche qui suit. Et lorsque tous les tuteurs refusent -comme c’est souvent ce qui se passe car ils disent : « si son père ne l’a pas mariée, nous n’avons pas à le faire. » alors le tutorat va au juge. Et il est alors obligatoire au juge de la marier à quelqu’un de convenable sans refuser.

Source : لقاءات الباب المفتوح 60/26

Note d’Ayyub: ces paroles concernent évidement le tuteur qui refuse injustement le pieux sans raison légiférée. Il est par contre tout à fait permis au tuteur de refuser celui dont il sait de mauvaises choses et l’Islam l’a institué afin d’être une protection pour la fille, étant donné qu’elle n’a que peu de clairvoyance dans ce sujet. Parmi les maux qui poussent la fille à désirer absolument tel prétendant est le fait de se connaitre avant le mariage, ce qui n’est pas légiféré et fait partie des mauvais mœurs des mécréants. Ce genre de situations ne doit pas amener à « jouer avec le din » en recherchant un autre tuteur à sa guise.

Laisser un commentaire