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Le hadith authentique (sahih)

بسم الله الرحمن الرحيم

الحَديثُ الصَحيحُ

Le hadith sahih (authentique)

Le hadith sahih est le plus haut degré dans l’authenticité. Il doit réunir cinq conditions qu’ont définies les savants:

  1. Qu’il possède une châine de transmission liée
  2. Que ses rapporteurs soient droits (‘udûl, pl. de ‘adl)
  3. Que ses rapporteurs aient une excellente mémoire
  4. Qu’il ne soit pas châdh (litt. singulier)
  5. Qu’il  ne contienne pas de défaut (mu’allal)

Qu’il possède une châine de transmission liée:

Ceci signifie que chacun des rapporteurs composant la chaîne qui conduit au matn (texte du hadith) ait pris le hadith de son shaykh.

Que ses rapporteurs soient droits

Al Hâkim a dit dans l’introduction de son Sahih: « que la plupart des situations de la personne soit dans l’obéissance à Allah« , malgré quelques péchés pouvant survenir (car tout le monde fait des péchés et seuls les prophètes sont infaillibles).

Al Hâfiz Ibn Hajar a dit dans Nukhbatu l Fikar: « ce qui est voulu par « droiture »: qu’il possède ce qui le pousse à s’attacher à la piété (taqwah) et à l’honneur. Et la piété c’est s’écarter des actes mauvais, comme association, perversité et innovation.« 

As San’ânî ajouta: « Ach Châfi’î a également dit une parole sur la droiture, que bon nombre de gens intelligents après lui approuvèrent: ‘si l’homme droit était celui qui n’a pas de péché, nous ne trouverions pas de droit. Et s’il tous les péchés n’empêchaient pas la droiture, nous ne trouverions personne de critiqué. Mais le droit est celui qui délaisse les grands péchés et dont les bonnes actions sont plus nombreuses que les mauvaises.‘ »

Et il a donné comme définition (dans Thamarat An Nazar): « Celui dont le coeur se tranquillise à accepter ses nouvelles et ce qu’il rapporte .« 

Que ses rapporteurs aient une excellente mémoire

C’est à dire que chacun rapporte le hadith comme il l’a entendu de son shaykh, soit de sa mémoire, soit de son livre, et que la majorité de ses transmissions soient authentiques, droites, ne contredisant pas d’autres, et que ses erreurs soient des plus minimes (car tout le monde fait des erreurs).

Qu’il ne soit pas châdh

C’est lorsque celui dont le hadith est accepté contredit celui qui est plus sûr que lui ou plus nombreux.

Qu’il  ne contienne pas de défaut

C’est à dire de défaut caché qui affaiblit le hadith. Car certains défauts dans les transmissions ne sont pas importants.

Exemple: Voici un hadith pris de Sahih Al Bukhârî et qui est également rapporté par Muslim dans son Sahih:

حَدَّثَنَا الْحُمَيْدِيُّ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ الزُّبَيْرِ قَالَ حَدَّثَنَا سُفْيَانُ قَالَ حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ سَعِيدٍ الْأَنْصَارِيُّ قَالَ أَخْبَرَنِي مُحَمَّدُ بْنُ

إِبْرَاهِيمَ التَّيْمِيُّ أَنَّهُ سَمِعَ عَلْقَمَةَ بْنَ وَقَّاصٍ اللَّيْثِيَّ يَقُولُ سَمِعْتُ عُمَرَ بْنَ الْخَطَّابِ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَلَى الْمِنْبَرِ

 

قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ

إِنَّمَا الْأَعْمَالُ بِالنِّيَّاتِ وَإِنَّمَا لِكُلِّ امْرِئٍ مَا نَوَى فَمَنْ كَانَتْ هِجْرَتُهُ

إِلَى دُنْيَا يُصِيبُهَا أَوْ إِلَى امْرَأَةٍ يَنْكِحُهَا فَهِجْرَتُهُ إِلَى مَا هَاجَرَ إِلَيْهِ

 

Al Bukhârî dit donc: (Al Humaïdî ‘Abd Allah Ibn Az Zubaïr) nous a rapporté: il a dit: (Sufyân) nous a rapporté: il a dit: (Yahyâ Ibn Sa’îd Al Ansârî) nous a rapporté: il a dit: (Muhammad Ibn Ibrâhîm At Taïmî) m’a rapporté qu’il a entendu (‘Alqamah Ibn Waqqâs Al Laïthî) dire: j’ai entendu (‘Umar Ibn Al Khattâb) -qu’Allah l’agrée- dire sur le minbar: j’ai entendu le messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) dire: « Les actes ne sont qu’avec les intentions, et chacun n’a que ce qu’il a eu l’intention. Celui dont l’émigration est vers quelque chose de la dunyâ ou vers une femme à épouser, son émigration sera vers ce vers quoi il a émigré.« 

1- Est-ce que la chaîne est liée?

‘Umar Ibn Al Khattâb, Abû Hafs, le deuxième calife, grand compagnon du prophète (صلى الله عليه وسلم) a entendu le hadith de lui. En plus il le précise clairement ici (j’ai entendu).

‘Alqamah Ibn Waqqâs Al Laïthî, fait parti des élèves de ‘Umar, comme l’a affirmé Al Hâfiz Al Mizzî dans Tahdhîb Al Kamâl, en plus de la clarification de l’entente ici (j’ai entendu).

Muhammad Ibn Ibrâhîm At Taïmî, fait parti des élèves de ‘Alqamah, comme affirmé ici (qu’il a entendu).

Yahyâ Ibn Sa’îd Al Ansârî, fait parti des élèves de Muhammad Ibn Ibrâhîm, et l’entente du hadith est affirmé ici (m’a rapporté).

Sufyân, qui est Ibn ‘Uyaïnah, Abû Muhammad Al Makkî. Il a clairemet pris le hadith de Yahyâ (nous a rapporté).

Al Humaïdî a pris de Sufyân comme affirmé ici (nous a rapporté).

Enfin, Al Bukhârî a clairement pris le hadith de son shaykh Al Humaïdî en disant (nous a rapporté).

Conclusion: la chaîne est liée et la première condition est remplie.

2 et 3- Ses rapporteurs sont-ils ‘udûl et ont-ils une excellente mémoire?

‘Umar Ibn Al Khattâb: La règle est que tous les compagnons sont ‘udûl, donc lorsqu’il est établi que la personne est un compagnon, pas besoin de rechercher les paroles des gens à son sujet ou contre lui, et rien de tout ça dans les livres de jarh wa ta’dîl de ce fait. Et critiquer les compagnons est l’acte des innovateurs wAllahu l Musta’ân!

Les rapporteurs sont tous thiqât (pl. de thiqah) qu’on peut traduire par « sûr » ou « de confiance » et qui indique que la personne fait partie des rapporteurs du hadith sahih, c’est à dire que sa droiture éet sa très bonne mémoire sont affirmées. Certains d’entre eux sont même des références dans le hadith comme Sufyân Ibn ‘Uyaïnah pour qui Ibn Hajar a affirmé, dans Taqrîb At Tahdhîb: « Thiqah, hâfiz, faqîh, imâm, hujjah (argument) sauf que sa mémoire a changé à la fin de sa vie, et il faisait parfois du tadlîs, mais d’après des thiqât, et il était le plus ferme des gens en ce qui concerne ‘Amr Ibn Dînâr »

4 Qu’il ne soit pas châdh

Ce hadith ne contredit pas un autre plus fort ou rapporté par plus de voies que lui. Il est même appuyé par le Coran, lorsqu’Allah dit:

وَلَا تَطْرُدِ الَّذِينَ يَدْعُونَ رَبَّهُمْ بِالْغَدَاةِ وَالْعَشِيِّ يُرِيدُونَ وَجْهَهُ

Et ne repousse pas ceux qui invoquent leur Seigneur matin et soir en désirant Son visage…

5 Qu’il  ne contienne pas de défaut

Il ne contient pas de défaut, dans sa chaîne ou son texte. Quant à ce que les innovateurs ont prétedu, comme le fait que le hadith sahih a comme condition d’être mutawâtir, c’est à dire rapporté par de très nombreuses voies, qui rendent impossible le fait qu’ils se soient assemblés sur un mensonge ou une erreur, et bien c’est une condition rejetée. Et ce hadith est rapporté seulement par la voie de ‘Umar, puis seulement par la voie de ‘Alqamah, puis seulement par la voie de Muhammad Ibn Ibrâhîm At Taïmî, puis seulement par la voie de Yahyâ Ibn Sa’îd.

Le premier ayant rassemblé le sahih est Al Bukhârî, puis Muslim, qui sont les deux livres les plus authentiques après le Livre d’Allah.

Les plus hauts degrés du sahih sont:

  1. Ce qu’ils ont tous deux rapporté (et dont on dit muttafaqun ‘alayh)
  2. Ce qu’a rapporté Al Bukhârî seul
  3. Ce qu’a rapporté Muslim seul
  4. Ce qui est sahih d’après leurs conditions mais qu’ils n’ont pas rapporté
  5. Ce qui est sahih d’après les conditions d’Al Bukhârî seul
  6. Ce qui est sahih d’après les conditions de Muslim seul
  7. Ce qui est sahih d’après les conditions d’autre qu’eux

La définition du hadith muttafaqun ‘alayh:

C’est le hadith rapporté par Al Bukhârî et Muslim dans leurs Sahihs respectifs. Et les savants ne considèrent pas les hadiths de la Muqaddimah (introduction) de Muslim comme répondant à ses conditions. Le hadith doit bien évidemment être rapporté par le même rapporteur, car si la même parole du prophète (صلى الله عليه وسلك) est rapporté d’après deux compagnons, on parle de deux hadiths et pas d’un seul. Et enfin le hadith doit avoir le même terme ou le même sens. Alors il est muttafaqun ‘alayh. Notre shaykh Abû ‘Amr Al Hajûrî -qu’Allah le préserve- a fait la correction du livre « Al Lu-lu-u Wal Marjânu Fî MaTtafaqa ‘Alayhi ch Chaykhân » a rajouté des hadiths et en a enlevé, comme les quatre premiers hadiths qui sont rapportés par Al Bukhârî mais que Muslim rapporte uniquement dans sa Muqaddimah, et qui ne sont donc pas muttafaqun ‘alayh. Et à Allah la louange.

Quelle est la différence entre les conditions d’Al Bukhârî et celles de Muslim dans leurs Sahihs respectifs?

Al Bukhârî a conditionné le fait que le rapporteur soit contemporain de son shaykh et que le fait qu’il l’ait entendu ait clairement été affirmé.

Quant à Muslim, il a seulement conditionné le fait qu’il soit contemporain.

Le fait qu’il soit contemporain est clair, c’est à dire qu’ils ont vécu à la même époque. S’il est né après la mort de son prétendu shaykh par exemple, il est impossible qu’il ait pris le hadith de lui.

Quant au fait que l’entente entre les deux soit établie, c’est par exemple par le fait de trouver un hadith ou l’élève prend le hadith de son shaykh en disant « il m’a rapporté » ou « il nous a rapporté » ou « je l’ai entendu dire », etc…  de ce qui montre clairement qu’il fait parti de ses shuyukh.

Par contre si l’entente ou la rencontre est clairement niée, alors ça ne répond ni aux conditions d’Al Bukhârî ni aux conditions de Muslim comme l’a cité shaykh Muqbil dans son commentaire d’Al Ba’ith Al Hathîth.

Important: Ceci est ce qu’Al Bukhârî a conditionné pour son Sahih, mais il voyait que le hadith pouvait être authentique sans la deuxième condition, au contraire de ‘Alî Ibn Al Madînî, son shaykh, qui voyait que le hadith n’était pas authentique tant qu’il ne répondait pas à ses deux conditions.

Il faut savoir également que le fait que Muslim se suffise de la contemporanéité ne signifie pas qu’il accepte la transmission du mudallis{footnote}celui qui rapporte de celui qu’il a recontré ce qu’il n’a pas entendu de lui en utilisant un terme qui laisse croire qu’il rapporte ce hadith de lui (d’après lui, il a dit, etc){/footnote} qui n’affiche pas clairement son entente du hadith de son shaykh (il ma rapporté, je l’ai entendu dire, etc).

Est-ce que ce Sahih Al Bukhârî contient tout ce qu’Al Bukhârî voyait comme authentique?

Non.

Est-ce qu’Al Bukhârî a écrit d’autres livres à part le Sahih?

Oui, comme par exemple Al Adab Al Mufrad sur les comportements, ou son juz (rassemblement de hadiths sur un sujet) sur la récitation derrière l’imam ou sur le fait de lever les mains dans la prière. Et il n’a pas conditionné dans ces livres, comme ce qu’il a conditionné dans son Sahih.


Source: www.dammaj.fr

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