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Commentaire d’Ibn Rajab du hadith: « Trois choses, celui qui les possède trouvera la douceur de la foi »

بسم الله الرحمن الرحيم

Al Bukhari et Muslim rapportent d’après Anas d’après le prophète (صلى الله عليه وسلم) qu’il a dit : « Trois choses, celui qui les possède trouvera la douceur de la foi : qu’il aime plus Allah et Son messager que quiconque, qu’il n’aime la personne que pour Allah et qu’il déteste retourner à la mécréance comme il détesterait être jeté dans le feu. »

Et dans une version de Muslim : « il a certes trouvé la saveur de la foi. » et dans une version : « il a trouvé la saveur de la foi et sa douceur ».

Ces trois caractéristiques sont parmi les plus hautes de la foi. Quiconque les complète trouvera certes la douceur de la foi et goutera sa saveur. Car la foi possède une douceur et une saveur que les cœurs goutent tout comme la bouche goute à la douceur de la nourriture et de la boisson. La foi est l’aliment des cœurs tout comme la nourriture et la boisson sont les aliments des corps. Comme le corps qui ne trouve la douceur de la nourriture et de la boisson que lorsqu’il est en bonne santé, et lorsqu’il tombe malade, il ne trouve pas la saveur de ce qui lui profite et peut même trouver agréable ce qui lui nuit, de la même façon le cœur ne trouve la douceur de la foi que lorsqu’il est préservé des maladies et des maux. Et lorsqu’il est préservé de la maladie des passions égarantes et des désirs interdits, il trouve dès lors la douceur de la foi. Et lorsqu’il tombe malade, il ne la trouve pas mais plutôt il trouve agréable ce qui contient sa perte comme passions et péchés.

A partir de là il a dit (صلى الله عليه سلم) : « Le fornicateur ne fornique pas lorsqu’il le fait en étant croyant » (NdT : Al Bukhârî et Muslim d’après Abu Hurayrah.) car si sa foi était complète, il aurait trouvé la douceur de la foi et n’aurait pas trouvé les péchés agréables.

Wahib Ibn Al Ward (NdT : mort en 153, c’était un thiqah et un grand adorateur) fut interrogé : « Est-ce que celui qui désobéit à Allah trouve la saveur de la foi ? » Il répondit : « Non, ni celui qui désire la désobéissance. »

Et Dhu n Nun (Yûnus sur lui la paix) a dit : « Tout comme le corps ne trouve pas le délice de la nourriture lorsqu’il est malade, le cœur ne trouve pas la douceur de l’adoration avec les péchés. » (NdT : ceci compte parmi les choses rapportées sans chaine de Bani Israil)

Quiconque réunit ces trois caractéristiques citées dans ce hadith trouvera certes la douceur de la foi et goutera sa saveur.

1 La première caractéristique

« qu’il aime plus Allah et Son messager que quiconque »

L’amour d’Allah (عز وجل)

L’amour d’Allah émane tantôt de Sa connaissance, et Sa pleine connaissance résulte de la connaissance de Ses noms, attributs, actes splendides, de la réflexion sur Sa création et ce qu’elle contient comme précision, sagesses et merveilles, car tout ceci prouve Sa perfection, Sa capacité, Sa sagesse, Sa science et Sa miséricorde.

Et parfois elle émane de l’observation des bienfaits, et dans le hadith du prophète (صلى الله عليه وسلم) d’après Ibn ‘Abbas : « Aimez Allah pour Ses bienfaits dont Il vous nourrit et aimez-moi pour l’amour d’Allah. » Rapporté par At Tirmidhi dans certaines copies de son livre. (NdT : le hadith est faible à cause d’un inconnu dans la chaine. Les imams Al Albani et Al Wadi’i l’ont jugé faible.)

Un salaf a dit : « Quiconque a connu Allah L’a aimé, et quiconque L’a aimé Lui a obéi, car l’amour implique l’obéissance. »

Et un connaisseur a dit : « L’amour est la conformité dans toutes les situations. » Puis il récita des vers:

Si tu me disais : « meurs » je mourrais écoutant et obéissant
Et je dirais à celui qui m’appelle à la mort : « bienvenue ! »

Et l’amour d’Allah comporte deux degrés :

Le premier degré est obligatoire : c’est l’amour qui implique le fait d’agir selon Ses commandements obligatoires et de ne pas faire Ses prohibitions illicites et de patienter sur Ses décrets (destin) douloureux. Ceci est impératif dans l’amour d’Allah et celui dont l’amour n’est pas ainsi est un menteur dans sa prétention d’aimer Allah.

Comme a dit un connaisseur : « Quiconque prétend l’amour d’Allah et ne préserve pas Ses limites est un menteur. Et quiconque se met à commettre un acte illicite ou à délaisser un acte obligatoire cela est dû à ses manquements dans l’amour d’Allah, du fait qu’il a fait précéder l’amour de son âme et sa passion sur l’amour d’Allah. Et si l’amour d’Allah avait été complet, il l’aurait empêché de tomber dans ce qu’Il déteste. »

Et le fait de tomber dans ce qu’Allah déteste n’arrive que par une diminution dans l’amour obligatoire à avoir envers Lui dans les cœurs et par le fait de faire devancer la passion de l’âme sur Son amour, et par ceci diminue la foi comme le prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Le fornicateur ne fornique pas lorsqu’il le fait en étant croyant. » le hadith…

Le deuxième degré de l’amour qui est un mérite recommandé : que l’amour s’élève jusqu’à atteindre le rapprochement (d’Allah) par les actes d’obéissance surérogatoires et par le refoulement des légères équivoques et actes détestables (NdT : qui n’atteignent pas le rang de l’illicite) et d’agréer les décrets (destin) douloureux. Comme a dit ‘Amir Ibn ‘Abd Qays : « J’ai aimé Allah d’un amour qui m’a facilité toute chose qui m’a atteint et m’a fait agréer toute calamité. Peu m’importe, avec mon amour pour Lui, ce qui m’atteint au matin ou au soir. »

Et ‘Umar Ibn ‘Abd Al ‘Aziz a dit : « J’ai débuté ma journée sans avoir d’autre bonheur que ce qui arrive comme évènements prédestinés. »

Et lorsque son fils pieux mourut, il dit : « Allah a aimé le reprendre et je me réfugie auprès d’Allah d’avoir un amour s’opposant à l’amour d’Allah. »

Et un tabi’i a dit lors de sa maladie : « Fais-la moi aimer, fais-la moi aimer ! »

L’amour du messager (صلى الله عليه وسلم)

Quant à l’amour du messager (صلى الله عليه وسلم) : il provient de Sa connaissance et la connaissance de sa perfection (humaine), Ses caractéristiques et la grandeur de ce avec quoi il vint. Et ceci résulte de la connaissance de Celui qui l’a envoyé et Sa magnificence –comme cité précédemment- car l’amour d’Allah n’est complet qu’en Lui obéissant et il n’est pas possible de Lui obéir si ce n’est en suivant Son messager, comme Allah a dit :

قُلْ إِنْ كُنْتُمْ تُحِبُّونَ اللَّهَ فَاتَّبِعُونِي يُحْبِبْكُمُ اللَّهُ
Dis : si vous aimez vraiment Allah, alors suivez-moi, Allah vous aimera

Et l’amour du messager (صلى الله عليه وسلم) est également de deux degrés :

Le premier degré est obligatoire : c’est ce qu’implique son obéissance comme application de ce qu’il a ordonné comme obligations et l’arrêt de ce qu’il a interdit comme actes illicites, apporter foi à ce dont il a informé et l’agréer et n’avoir aucune gêne en soi pour ce avec quoi il est venu et se soumettre complètement, et ne pas accueillir la guidée d’autre que lui et de ne pas rechercher de bien si ce n’est dans ce qu’il a apporté.

Le deuxième degré est un mérite recommandé et c’est de s’élever par la suite jusqu’au suivi de sa voie et ses comportements, le prendre en modèle dans sa guidée, ses caractéristiques, sa bonne vie commune avec sa famille et ses frères, imiter ses comportements apparents dans l’ascétisme dans la vie d’ici-bas et l’envie de l’au-delà, dans sa générosité, son altruisme, sa clémence, sa patience, son endurance et sa modestie, et dans ses comportements cachés comme la perfection de sa crainte d’Allah, son amour pour Lui, son désir de Le rencontrer, l’agrément de Son décret, l’attache de son cœur à Lui en tout moment, la véracité de son refuge auprès de Lui, sa confiance en Lui et son appui sur Lui, le détachement de son cœur de toutes les causes, son attache continuelle à se rappeler de Lui par le cœur et la langue, son amabilité, sa jouissance d’être seul avec Lui en L’invoquant, récitant Son Livre avec méditation et réflexion.

Et en conclusion : son comportement était le Quran, il convient d’agréer ce qu’il agréait et de s’énerver pour ce qui l’énervait. Les créatures les plus complètes sont celles qui ont réalisé son suivi, apporté foi en lui par les paroles, les actes et la situation et ces gens sont les véridiques de sa communauté à la tête desquels se trouve Abu Bakr –son successeur- et ce sont les gens du Paradis qui auront les plus hauts degrés après les prophètes comme il a dit (صلى الله عليه وسلم) : « Les gens du Paradis apercevront les gens des chambres au-dessus d’eux comme vous apercevez l’étoile éclatante à l’horizon d’est en ouest de par les différences de mérite entre vous. » Ils dirent : « Ô messager d’Allah ! Ce sont là les degrés des prophètes que nul autre qu’eux n’atteindra ! » Il dit : « Mais si, par Celui qui a mon âme dans la main ! Des gens qui auront cru en Allah et rendu véridiques les messagers. » Rapporté dans les deux Sahihs d’après Abu Sa’id.

2 La deuxième caractéristique
« qu’il n’aime la personne que pour Allah »

L’amour en Allah fait partie des bases de la foi et de ses plus hauts degrés. Et dans le Musnad d’après Mu’adh Ibn Anas Al Juhani que le prophète (صلى الله عليه وسلم) fut interrogé sur le meilleur de la foi et il répondit : « Que tu aimes pour Allah et détestes pour Allah et que tu utilises ta langue dans le rappel d’Allah. » (NdT : par la voie de Zabbân qui est faible. L’imam Al Albani a affaibli ce hadith.)

Et dans le Musnad également d’après ‘Amr Ibn Al Jamûh d’après le prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Le serviteur ne donne le droit de la vraie foi que lorsqu’il aime pour Allah et déteste pour Allah. Lorsqu’il aime pour Allah et déteste pour Allah, il a certes mérité l’alliance d’Allah. » (NdT : dans la chaine se trouvent Richdin et ‘Abd Allah Ibn Al Walid qui sont tous les deux faibles. Dans la chaîne se trouve également un inconnu : Abu Mansûr l’esclave affranchi des Ansars qui rapporte de ‘Amr. Al Bukhari a affirmé qu’il ne l’a jamais rencontré.)

Et dans le Musnad d’après Al Barâ d’après le prophète (صلى الله عليه وسلم) qui a dit : « Les anses les plus fermes de la foi sont que tu aimes en Allah et détestes en Allah. » (NdT : dans sa chaîne se trouve Layth Ibn Abi Sulaym qui est faible. Shaykh Al Albani a cité dans As Sahihah le hadith d’Ibn Mas’ûd chez At Tabarani par deux voies, l’un d’elle a une chaine bonne avec les termes : le messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم) dit : « Ibn Mas’ûd ! » Je répondis : « Me voici ! » trois fois. Il dit : « Savez-vous quelles sont les anses les plus fermes de la foi ? » Je répondis : « Allah et Son messager sont plus savants. » Il reprit : « L’alliance en Allah, l’amour en Allah et la haine en Allah. »)

Et l’imam Ahmad et Abû Dâwûd rapportent d’après Abû Dharr que le prophète (صلى الله عليه وسلم) : « Les meilleurs des actes sont l’amour en Allah et la haine en Allah. » (NdT : dans sa chaine se trouve Yazîd Ibn Abî Ziyâd qui est chi’i et faible et un homme de la chaîne n’est pas nommé. Shaykh Al Albânî l’a jugé faible.)

Et d’après Abû Umâmah le prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit : « Quiconque aime pour Allah et déteste pour Allah, donne pour Allah et retient pour Allah a certes complété la foi. » (NdT : dans sa chaine se trouve Al Qâsim Ibn ‘Abd Ar Rahman qui est faible.) Ahmad et At Tirmidhî l’ont rapporté d’après Mu’âdh Ibn Anas –qu’Allah l’agrée- d’après le prophète (صلى الله عليه وسلم) et Ahmad ajouta dans une version : « et a marié pour Allah. » (NdT : sa chaine contient Sahl Ibn Mu’adh Ibn Anas et Abu Marhûm qui sont faibles. Et dans une version d’Ahmad, Zabbân Ibn Fâid le rapporte de Sahl à la place d’Abû Marhûm et il est également faible.)

Cette caractéristique suit celle d’avant du fait que celui qui aime Allah et Son messager plus que quiconque, son amour tout entier est dévoué à Allah et ceci implique que sa haine soit pour Allah ainsi que son alliance et son désaveu et qu’il ne reste plus une parcelle de passion en lui-même. Et ceci nécessite qu’il aime ce qu’Allah aime parmi les paroles et les actes et qu’il déteste ce qu’il déteste d’eux. Et ainsi en est-il pour les personnes. Et ceci nécessite d’agir avec eux avec ce qu’implique l’amour et la haine. Ainsi quelle que soit la personne qu’il aime pour Allah, il l’honore et agit avec elle avec équité et mérite. Et celui qu’il déteste pour Allah, il l’avilit avec équité.

De ce fait, Allah a décrit ceux qui aiment pour Lui par le fait qu’ils sont :

أَذِلَّةٍ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ أَعِزَّةٍ عَلَى الْكَافِرِينَ يُجَاهِدُونَ فِي سَبِيلِ اللَّهِ وَلَا يَخَافُونَ لَوْمَةَ لَائِمٍ
modestes envers les croyants et fiers et puissants envers les mécréants, qui luttent dans le sentier d’Allah, ne craignant le blâme d’aucun blâmeur.

Et le prophète (صلى الله عليه وسلم) invoquait : « Je Te demande Ton amour et l’amour de celui que Tu aimes et l’amour d’un acte qui me fait atteindre Ton amour. » (NdT : rapporté par At Tirmidhi d’après Mu’adh Ibn Jabal qu’Allah l’agrée. Dans sa chaîne se trouve Yahya Ibn Abi Kathir thiqah mais mudallis et il rapporte « d’après » Zayd Ibn Sallâm. La chaîne est donc faible à cause de ceci. Shaykh Al Albani l’a jugé authentique dans son tahqiq du Sunan mais l’a jugé faible dans (الجامع الصغير) ce qui est plus juste et Allah est plus savant.)

L’amour d’Allah et de Son messager n’est donc complet qu’avec l’amour de Ses alliés et l’alliance envers eux ainsi que la haine et le désaveu portés à Ses ennemis.

Un connaisseur fut interrogé : « Par quoi atteint-on l’amour ? » Il répondit : « En s’alliant avec les alliés d’Allah et en se désavouant de Ses ennemis ». Et la base du sens ce terme est la concordance.

3 La troisième caractéristique
« qu’il déteste retourner à la mécréance comme il détesterait être jeté dans le feu »

Le signe de l’amour d’Allah et de Son messager est d’aimer ce qu’Allah et Son messager aiment et détester ce qu’ils détestent –comme cela a précédé. Dès lors que la foi est ancrée dans le cœur et s’est réalisée et qu’il trouve sa douceur et son goût, il l’aime et aime sa fermeté, sa persistance et son augmentation et déteste en être privé et cela est plus détesté de lui que le fait d’être jeté au feu. Allah (تعالى) dit :

وَلَكِنَّ اللَّهَ حَبَّبَ إِلَيْكُمُ الْإِيمَانَ وَزَيَّنَهُ فِي قُلُوبِكُمْ وَكَرَّهَ إِلَيْكُمُ الْكُفْرَ وَالْفُسُوقَ وَالْعِصْيَانَ أُولَئِكَ هُمُ الرَّاشِدُونَ
mais Allah vous a fait aimer la foi et l’a embellie dans vos cœurs et vous a fait détester la mécréance, la perversité et la désobéissance. Ceux-là sont les biens guidés.

Le croyant aime plus la foi que l’assoiffé aime l’eau fraiche dans la chaleur torride. Et il déteste en sortir plus qu’il déteste être brûlé par le feu comme dans le Musnad d’après Abû Razîn Al ‘Uqayli qu’il interrogea le prophète (صلى الله عليه وسلم) sur la foi. Il répondit : « Que tu témoignes qu’il n’y a de divinité digne d’adoration à part Allah Seul et sans associé, et que Muhammad est Son serviteur et messager et que tu aimes Allah et Son messager plus que tout autre chose et que le fait que tu sois brûlé dans le feu te sois préférable au fait que tu associes à Allah, et que tu n’aimes ceux avec qui tu n’as pas de lien de parenté qu’en Allah. Lorsque tu es ainsi, l’amour de la foi est certes entré dans ton cœur comme l’amour de l’eau entre (dans le cœur) de l’assoiffé un jour de canicule. »

Et dans le Musnad également que le prophète (صلى الله عليه وسلم) ordonna à Mu’adh Ibn Jabal et parmi ce qu’il lui dit : « N’associe rien à Allah même si tu es découpé et brûlé. » (NdT : ces termes sont ceux du hadith d’Abu d Dardâ que l’auteur évoque par la suite. Les termes du hadith de Mu’adh sont « même si tu es tué et brulé ». La chaine est bonne car elle contient Ismâ’il Ibn ‘Ayyach.)

Et dans Sunan Ibn Majah que le prophète (صلى الله عليه وسلم) ordonna ceci à Abu d Dardâ et d’autres.

Et Allah nous a informés sur les gens d’Al Ukhdûd (NdT : dans la sourate « les constellations »). Ils éprouvèrent les croyants et les croyantes et les brulèrent afin qu’ils sortent de la foi et ils choisirent la foi au feu.

Et dans le Sahih le prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit qu’une femme d’entre (les croyants) fut amenée allaitant un bébé et elle restait en arrière pour ne pas se jeter dans le feu à cause du bébé. Le bébé lui dit donc : « Patiente, mère, car tu es sur la vérité ! » (NdT : ceci est une karâmah (miracle) de la part d’Allah pour affermir les cœurs de ses serviteurs croyants.)

Et Abu Muslim Al Khawlânî fut jeté dans le feu car il refusait de reconnaitre la prophétie d’Al Aswad et le feu fut sur lui fraicheur et salut. (NdT : Al Aswad (surnom) Al ‘Ansi se nomme ‘Abhalah Ibn Ka’b le yéméni le menteur. Il prétendit la prophétie à l’époque du prophète (صلى الله عليه وسلم) Il appela Abu Muslim, dont le nom est ‘Abd Allah Ibn Thawb à témoigner qu’il est le messager d’Allah, ce qu’il refusa. Puis Al Aswad lui dit : « Témoignes-tu que Muhammad est le messager d’Allah » Il répondit : « Oui. » Il ordonna de faire un énorme feu et y jeta Abu Muslim à qui le feu ne causa aucun tort. Al Aswad l’expulsa donc et Abu Muslim fit route vers Al Madinah. Le prophète (صلى الله عليه وسلم) mourut durant son trajet. A son arrivée à Al Madinah, ‘Umar le vit et lui demanda d’où il était. Il répondit qu’il était du Yémen et ‘Umar lui demanda : « Qu’est-il arrivé à celui que le menteur a voulu bruler ? » Il répondit : « C’est ‘Abd Allah Ibn Thawb. » ‘Umar dit : « Je te demande par Allah, est-ce toi ? » Il répondit : « Ô Allah, oui. » ‘Umar le prit dans ses bras en pleurant puis l’emmena chez Abu Bakr et le fit assoir entre eux deux. Il dit : « Louange à Allah qui ne m’a pas fait mourir avant de me montrer dans la communauté de Muhammad (صلى الله عليه وسلم) quelqu’un à qui on a fait ce qui fut fait à Ibrahim l’ami intime . »)

Et il fut ordonné à ‘Abd Allah Ibn Hudhâfah de se convertir au christianisme, ce qu’il refusa. Le roi des Romains ordonna de le jeter dans un énorme chaudron rempli d’eau bouillante. (‘Abd Allah) se mit à pleurer et dit : « Je ne pleure pas inquiet de la mort mais je pleure car je n’ai qu’une seule âme à laquelle on fera cela pour Allah. J’aurais aimé avoir pour chaque cheveu une âme qui subirait cela pour Allah (عز وجل). » (NdT : ‘Abd Allah Ibn Hudhâfah, le noble compagnon, fait partie des premiers émigrés. Le prophète (صلى الله عليه وسلم) l’envoya au roi du Bahrayn avec une lettre à l’intention de Kisrâ, roi des perses. L’histoire citée ici est rapportée par Al Bayhaqi et dans sa chaine se trouve Dirar Ibn ‘Amr qui est très faible (munkar al hadith). Abu Nu’aim rapporte l’histoire dans (معرفة الصحابة) d’après Ibn ‘Abbas –qu’Allah les agrée- mais sa chaine comporte ‘Atâ Ibn ‘Ajlân qui est délaissé (matruk). Ibn Ma’în a même dit de lui : « menteur. »)

Ceci malgré le fait qu’il est permis de mentir par la langue en ayant le cœur empli de quiétude comme Allah (تعالى) a dit :

إِلَّا مَنْ أُكْرِهَ وَقَلْبُهُ مُطْمَئِنٌّ بِالْإِيمَانِ
sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi

Mais le mieux est de patienter et ne pas user de mensonge.

Dès lors que le cœur trouve la douceur de la foi, il palpe l’amertume de la mécréance, de la perversité et de la désobéissance (à Allah). De ce fait Yûsuf (sur lui la paix) dit :

رَبِّ السِّجْنُ أَحَبُّ إِلَيَّ مِمَّا يَدْعُونَنِي إِلَيْهِ
Seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi ils m’appellent (la fornication)

Dhu n Nun fut interrogé : « Quand est-ce que j’aime mon Seigneur ? » Il répondit : « Lorsque ce qu’Il déteste t’est plus amer que l’aloès. » (NdT : arbre dont la sève est un remède mais est très amère)

Bichr Ibn As Sari (NdT : Al Basri, mort en 195, thiqah, orateur) a dit : « Ne fait pas partie des signes de l’amour d’aimer ce que déteste celui que tu aimes. »

Sache que la partie obligatoire dans le fait de détester la mécréance, la perversité et la désobéissance est de fuir cela et de s’en éloigner de toutes ses forces en étant ferme sur le fait de ne pas être mêlé à quoi que ce soit de ces choses en sachant le courroux d’Allah et Sa colère envers ses partisans.

Quant au penchant naturel vers une de ces choses, plus précisément pour celui qui a agi avec puis s’en est repenti, ce n’est pas pris en compte lorsqu’il ne peut faire cesser ceci.

De ce fait, Allah a vanté celui qui interdit à son âme les passions, et ceci prouve que les passions penchent vers ce qui est interdit et que celui qui désobéit à ses passions est loué auprès d’Allah (عز وجل).

‘Umar fut interrogé au sujet de gens qui désirent les désobéissances mais ne les font pas. Il répondit :

أُولَئِكَ الَّذِينَ امْتَحَنَ اللَّهُ قُلُوبَهُمْ لِلتَّقْوَى لَهُمْ مَغْفِرَةٌ وَأَجْرٌ عَظِيمٌ

Ceux-là sont ceux dont Allah a éprouvé les coeurs pour la piété. Ils auront un pardon et une énorme récompense

Et il se peut que l’âme soit domptée par la suite et qu’elle s’habitue à la piété jusqu’à ce que sa nature change et qu’elle déteste ce vers quoi elle penchait et que la piété devienne pour l’âme une chose naturelle affirmée.

Est-ce que ceci est meilleur que le premier ou bien le premier est meilleur ?

Ceci est à lier à la divergence des savants au sujet de celui qui fait une obéissance (à Allah) alors que son âme ne veut pas et qu’il la combat et un autre que la fait et son âme est obéissante, désirant l’acte, lequel des deux est meilleur ?

Il y a deux paroles connues des savants et ce qui a l’air plus correct est que le deuxième est meilleur, et il apparait de la parole de l’imam Ahmad le contraire.

Et dans le Musnad de l’imam Ahmad d’après Anas que le prophète (صلى الله عليه وسلم) a dit à un homme : « Rentre dans l’Islam. » Il dit : « Je me trouve détestant cela. » Il dit : « Même si tu détestes. » (NdT : l’imam Al Wâdi’î l’a jugé authentique dans le tafsir Ibn Kathir ainsi que l’imam Al Albani.)

Et ceci prouve la validité de l’Islam malgré un cœur le fuyant et le détestant, mais lorsqu’il entre dans l’Islam et qu’il le dompte et s’y habitue, son amour entre dans son cœur et il trouve sa douceur.

Muslim rapporte d’après Anas le hadith (qui est expliqué ici) avec les termes : « celui qui préférerait être jeté dans le feu plutôt que de retourner à la mécréance après qu’Allah l’en ait sauvé. »

Et peut poser problème avec ces termes : que cela implique que se trouve l’amour des deux choses ; le fait d’être jeté au feu et de retourner à la mécréance, et que c’est l’amour du premier qui prévaut sur le second. (NdT : l’utilisation des superlatifs, comme ici « préférerait » qui dans l’original arabe est littéralement « plus aimé de lui que » ne signifie pas nécessairement la présence de la base dans les deux choses, dans notre cas ici l’amour. Ne vois-tu pas la parole d’Allah (تعالى) : (أَصْحَابُ الْجَنَّةِ يَوْمَئِذٍ خَيْرٌ مُسْتَقَرًّا وَأَحْسَنُ مَقِيلًا)(les gens du Paradis seront, ce jour-là, en meilleure demeure et eu plus beau lieu de repos.) Les gens de l’enfer n’ont pas une « bonne » demeure et celle des gens du Paradis est meilleure ni un bon lieu de repos mais d’un bien moindre à celui des gens du Paradis. Ibn Kathir a dit : « Allah a informé de la situation des bienheureux par rapport aux malheureux (les gens de l’enfer) et qu’ils n’ont aucun bien de façon absolue.») Et ceci se produit dans le Quran dans la parole d’Allah (تعالى) citant Yûsuf (sur lui la paix) :

رَبِّ السِّجْنُ أَحَبُّ إِلَيَّ مِمَّا يَدْعُونَنِي إِلَيْهِ
Seigneur, la prison m’est préférable à ce à quoi ils m’appellent (la fornication)

Et la parole de ‘Ali –qu’Allah l’agrée- : « Lorsque je vous rapporte la parole du messager d’Allah (صلى الله عليه وسلم), (sachez) que je tombe du ciel et m’écrase sur terre m’est préférable au fait de mentir sur lui. »

La réponse : est que celui qui a le choix entre deux choses détestables et choisit l’une des deux du fait de la forte répulsion qu’il éprouve envers ce dont il s’écarte, on dit qu’il aime ce qu’il a choisit et qu’il le veut même s’il ne l’aime ou ne le choisit pour lui-même, mais il ne l’a fait que pour repousser ce qui est pour lui plus repoussant et plus nuisible. A partir de là, il a été rapporté ce qui a été rapporté au sujet de l’amour de la mort lors des troubles et le fait de s’en échapper.

Il fut dit à ‘Atâ As Salîmî : « Si un feu était attisé et qu’on dit : quiconque y rentre sera sauvé de l’Enfer. Y entrerais-tu ? » Il répondit : « Je craindrais plutôt que mon âme sorte heureuse pour ce feu avant que je l’atteigne ! »

Et ceci ressemble à la situation du contraint contre son gré de faire une chose -sans quoi il est frappé, ou emprisonné, ou menacé, ou tué ou autres- lorsqu’il le fait pour se libérer de ce qu’il a été contraint de faire. Est-il considéré comme ayant choisi (de le faire) ou pas ? Il y a sur le sujet une divergence célèbre chez les savants des bases du fiqh.

Et la réponse est qu’il est considéré comme l’ayant choisi, pas pour lui-même mais pour se libérer de ce qui est plus détestable. Il a donc choisi d’une certaine façon. Et ceci au contraire du croyant lorsqu’il fait des actes d’obéissance par peur d’Allah, son acte n’est pas comme celui du contraint car il est obligatoire au croyant de faire les actes d’obéissance par peur du châtiment d’Allah, en espérant sa récompense et en L’aimant. (NdT : et ceci est ce qui est juste en ce qui concerne ce sujet. Les soufis eux affirment qu’il ne faut agir que par amour d’Allah sans désirer par cela sa récompense ou être préservé de Son châtiment et ceci est un égarement évident.) Voilà la différence avec le contraint.

A partir de là apparait le sujet que fuient les savants du fiqh et qui est : lorsqu’un homme dit à sa femme : « Si tu aimerais qu’Allah te châtie en enfer alors tu es divorcé. » Et elle de répondre : « J’aimerais cela. »

Nombre de savants parmi nos compagnons (NdT : les hanbalis) et d’autres ont dit : elle est divorcée car elle a choisit cela et l’a aimé pour se libérer par cela de la vie conjugale avec son mari à cause de la haine qu’elle lui porte et de son ignorance à imaginer le châtiment de la Géhenne. Elle est donc véridique dans ce qu’elle affirme.

Il apparait de ceci : que celui à qui il est donné le choix entre deux choses détestables et choisit le moins pire afin de repousser le pire, qu’il est considéré aimer ce qu’il a choisi d’une certaine façon et Allah est plus savant.

Trad : Ayyub, Dammaj-fr.net

 

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